
Comment faire la critique, ou raconter le synopsis de l'un des meilleurs films de gangsters qu'on aie pu voir en France ? Surtout quand il est tiré de la vie d'un mec qui a boulversé les années 70 françaises ...
L'instinct de Mort se penche sur les premières années de Jacques Mesrine, pas encore tout à fait méchant, mais pas sympa non plus. Revenu de la guerre d'Algérie, son père lui trouvera une place honnête chez un dentellier, mais lui il va préférer l'argent facile avec ses amis, il va d'abord aller cambrioler des maisons, usant au passage de son bagout et de son talent pour se faire passer pour n'importe qui. Et ça marchera plutot pas mal. Vadrouillant par ci, par là, il rencontrera une femme dont il tombera amoureux, et qui lui fera ses 3 enfants. Mais malgré une peine de prison qui le remettra dans le droit chemin, il ne pourra résister et recédera à ses vieux démons et repartira dans les affaires douteuses. Au point de partir au Canada, au point d'enlever un homme, au point d'être poursuivi, arrêté et au point de s'évader de manière plus que magistrale de son QHS là bas ... Là se termine le film. Qui déjà nous met dans le ton, qui déjà nous montre de quoi est capable l'homme !

L'ennemi Public n°1 commence par cette scène où l'on voit le Commissaire Broussard totalement fier de lui, il a réussi à "arrêter" Mesrine. Et puis on repart en arrière, et c'est reparti pour les dernières années de la vie de cet homme hors du commun. D'anecdote en anecdote, notamment la fameuse arrestation au champagne, on le suit encore, arrêté avec une évasion encore plus spectaculaire que l'autre, prenant son juge en otage ... Inutile de raconter le film en détail, ce ne serait pas rendre justice aux événements, et puis ça gâcherait tout. Mais force est de constater que sa dernière année fut riche en émotions, en événements ... Comment oublier son interview pour Paris Match qui valut à la journaliste une mise en examen, comment zapper cette scène atroce où il tortura un journaliste qui avait osé dire qu'il n'était pas réglo avec ses amis ...? Et enfin tout se termine en apothéose, dans une scène qui met mal à l'aise, qui prend aux tripes, parce que malgré tout, on espère qu'il l'atteindra ce périph', mais non, la bâche se relèvera et ......
Autant le dire tout de suite, on aimera ou pas. Moi les films comme ça en général j'aime pas. Est ce parce que c'est tiré d'une histoire on ne peut plus vrai, de la vie d'un mec qui a été tué seulement 4 ans avant ma naissance ? Je sais pas, mais ces films m'ont laissée sur le cul. Le scénar n'avait pas besoin de beaucoup d'écriture. Tiré des livres écrit par Mesrine himslef, il suffisait d'écrire des dialogues, de mettre en scène les acteurs, de faire revivre les années 70. Et quelles bonnes surprises que de voir un Gérard Holtz ou un PPDA de l'époque. Ils avaient des cheveux !
Le plus bluffant dans l'histoire reste l'interprétation de Cassel. Je ne suis pas la première, et ne pense pas être la dernière en disant que le succès des films tient à l'histoire autant qu'à celui qui la joue. Ici Vincent Cassel crève littéralement l'écran. En jeune bandit ou en vieux gangster désabusé qui sait qu'il n'y aura plus d'échappatoire, il bluffe. Les 20kgs en plus dans la bedaine y ont pas mal aidés aussi ! Il n'interprète plus Mesrine, il le devient. Il devient l'ennemi public n°1 et je pense que Monica a pas mal dû flipper durant les 9 longs mois qu'ont duré le tournage. Il redonne vie près de 30 ans après la mort du vrai Mesrine et il nous laisse sur le cul dans notre siège, à la limite de beugler des "Encooooore !! Encoooooooore" juste pour le plaisir des yeux !
Mais il est aidé d'une pléiade de bons acteurs, et de moins bons aussi. A commencer par le super Gille Lelouche en ami d'enfance d'un Mesrine qui oscille encore, mais aussi les "poules" de Mesrine, Cécile de France ou encore l'insupportable Ludivine Sagnier. Samuel Le Bihan est lui aussi pas mal, faisant ce qu'il sait faire de mieux, le mec bourru qui abandonnera Mesrine quand celui ci commencera à devenir trop farfelu pour lui. Et enfin Mathieu Almaric. Déjà dans James Bond je l'avais adoré, mais alors là ... Je ne sais pas si c'est son charisme, son regard à glacer les pierres, mais ce mec à un truc. Il est calme, posé, et pourtant on le sent prêt à exploser, et pour un peu il volerait presque la vedette à un Mesrine qui fait presque guignol à côté de lui tant il marque par son absence de mouvement, son ton calme. Et dans la série je suis acteur mais on pourrait pas le deviner, j'appelle Gérard Depardieu. Encore mauvais, encore inutile, toujours vulgaire ... Et Gérard Lanvin, presque convaincant tant qu'il n'ouvre pas la bouche ...
En bref, Mesrine c'est l'histoire d'un mec (mais pas Coluche) qui a fait tremblé la France pendant les années 70 et que Richet et Langmann ont su ressuciter. C'est deux films indissociables qui nous montrent comment il aura été facile pour un mec de prendre la Justice pour une conne et de faire un peu ce qu'il voulait. C'est aussi un homme qu'on peut haïr, mépriser ou admirer, mais il ne vous laissera pas indifférent. Moi, c'est un mec que je respecte.

6 commentaires:
j'ai bcp aimé le 1, sans artifice en montrant les 2 cotés du personnage. je vais aller voir le 2 dès que poss. !
Ouiiiiii il faut ! Moi j'vais surement retourner les voir !! :)
Quoi ? Y'en a deux ?
Bah vi ^^ L'instinct de mort et L'ennemi public n°1 :)
Moi je me lève pour l'interprétation de Cassel.
Le meilleur film français de l'année (voire plus) ... ça scotche !
@Meela : Ouiiiiiiiiiiiiiii \o/ Castel, grand poète qui a dit, "J'ai peut être un coeur d'artichaut mais je peux encore te niquer ta mère !"
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